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Plus-value immobilière : calcul, exonérations, impôt

La plus-value immobilière est le gain réalisé quand on vend un bien plus cher qu'on ne l'a payé, corrigé de certains frais. Elle est exonérée pour la résidence principale ; sinon elle supporte 19 % d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, réduits chaque année de détention au-delà de la cinquième.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · par Sandrine Lafitte

En bref
  • La vente de la résidence principale est exonérée de plus-value ; une résidence secondaire, un bien locatif ou un terrain ne le sont pas.
  • L'impôt sur le revenu est de 19 % sur la plus-value imposable, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux, dont le taux de l'année figure sur impots.gouv.fr.
  • Les abattements démarrent à la 6e année : exonération d'impôt sur le revenu après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.
  • Une surtaxe s'applique quand la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €.

Plus-value immobilière : définition et ventes concernées

Une plus-value immobilière naît à la vente d'un logement, d'un terrain ou d'un local, quand le prix de vente dépasse le prix d'achat corrigé. Elle concerne les particuliers ; les sociétés et les professionnels relèvent d'autres règles, non traitées ici.

Vente d'un bien : la plus-value est-elle imposée ?
Bien venduPlus-value imposée ?Remarque
Résidence principaleNon, exonéréeLe logement doit être la résidence habituelle du vendeur au jour de la vente
Résidence secondaireOuiAbattements selon la durée de détention
Logement louéOuiMême régime que la résidence secondaire pour un particulier
Terrain à bâtirOuiMêmes abattements, avec des règles propres à certains cas
Bien détenu depuis plus de 30 ansNonExonération totale d'impôt et de prélèvements sociaux
Une moins-value ne se déduit pas

Si le bien est revendu moins cher qu'il n'a été acheté, la perte n'est pas imputable sur d'autres revenus ni sur d'autres plus-values immobilières.

Les exonérations de plus-value immobilière

La résidence principale

Elle est exonérée sans condition de durée ni de montant, à condition d'y avoir habité de manière effective jusqu'à la vente. Le logement vendu après un déménagement peut rester exonéré si la vente intervient dans un délai normal, appréciée au cas par cas.

Les autres cas, sous conditions

  • Une première vente d'un logement autre que la résidence principale, si le vendeur n'a pas été propriétaire de sa résidence principale pendant les quatre années qui précèdent, et réinvestit le prix dans l'achat de sa résidence principale dans un délai de 24 mois.
  • Une vente dont le prix ne dépasse pas 15 000 €.
  • Certaines expropriations pour cause d'utilité publique, sous réserve de réemploi.
  • Des cas liés aux revenus modestes des retraités et des personnes invalides, avec des plafonds de ressources.

Chaque exonération a des conditions précises. En cas de doute, le notaire qui prépare la vente peut confirmer si un cas particulier est éligible : il calcule et prélève l'impôt le jour de l'acte.

Calculer la plus-value immobilière, étape par étape

  1. Partir du prix de vente, diminué de certains frais supportés par le vendeur : honoraires d'agence à sa charge, diagnostics obligatoires.
  2. Calculer le prix d'acquisition : le prix d'achat, augmenté des frais d'acquisition (7,5 % du prix en forfait, ou frais réels sur justificatifs).
  3. Ajouter les travaux : forfait de 15 % du prix d'achat si le bien est détenu depuis plus de cinq ans, ou travaux réels sur factures.
  4. Soustraire le prix d'acquisition corrigé du prix de vente : c'est la plus-value brute.
  5. Appliquer les abattements pour durée de détention, séparément pour l'impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.
  6. Calculer l'impôt sur la plus-value imposable, puis la surtaxe éventuelle.

Forfait ou frais réels : lequel choisir ?

Le forfait de 7,5 % pour les frais d'acquisition est avantageux quand les frais réels sont plus bas, ce qui est fréquent dans l'ancien. Les travaux réels ne l'emportent sur le forfait de 15 % que s'ils sont importants et que les factures sont conservées, hors entretien courant.

Les abattements pour durée de détention

La durée se compte en années entières de détention. Rien n'est déduit pendant les cinq premières années ; ensuite, deux barèmes s'appliquent.

Abattements cumulés pour durée de détention (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux)
Durée de détentionAbattement impôt sur le revenuAbattement prélèvements sociaux
5 ans ou moins0 %0 %
10 ans30 %8,25 %
15 ans60 %16,5 %
20 ans90 %24,75 %
22 ans100 %28 %
25 ans100 %55 %
30 ans100 %100 %
  • De la 6e à la 21e année : 6 % par an pour l'impôt sur le revenu, 1,65 % par an pour les prélèvements sociaux.
  • La 22e année : 4 % pour l'impôt, ce qui donne l'exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans ; 1,60 % pour les prélèvements sociaux.
  • De la 23e à la 30e année : 9 % par an pour les prélèvements sociaux, ce qui donne l'exonération totale après 30 ans.

L'impôt sur la plus-value immobilière : 19 %, prélèvements sociaux, surtaxe

Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux

La plus-value immobilière imposable supporte 19 % d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux s'y ajoutent sur une base différente, car leur abattement n'est pas le même. Leur taux change selon les lois de financement : consultez impots.gouv.fr pour celui de l'année de la vente.

La surtaxe au-delà de 50 000 €

Quand la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €, une surtaxe progressive s'ajoute, de 2 % à 6 % selon le montant, d'après un barème. Elle se calcule sur la plus-value nette imposable, après abattements.

Les règles évoluent

Taux, seuils et cas d'exonération sont fixés par la loi et peuvent changer. Avant une vente, vérifiez-les sur impots.gouv.fr ou auprès du notaire.

Exemple chiffré : une maison secondaire vendue après 12 ans

Hypothèses : maison achetée 180 000 € et revendue 260 000 € au bout de 12 ans, frais d'acquisition et travaux au forfait, frais de vente ignorés pour simplifier. Les chiffres illustrent la méthode ; ils ne remplacent pas un calcul personnalisé.

Calcul de la plus-value et de l'impôt sur le revenu, exemple (12 ans de détention)
ÉtapeMontant
Prix de vente260 000 €
Prix d'achat180 000 €
Frais d'acquisition forfaitaires (7,5 %)13 500 €
Travaux forfaitaires (15 %, bien détenu plus de 5 ans)27 000 €
Prix d'acquisition corrigé220 500 €
Plus-value brute39 500 €
Abattement impôt sur le revenu (7 années au-delà de la 5e : 42 %)- 16 590 €
Plus-value imposable à l'impôt sur le revenu22 910 €
Impôt sur le revenu à 19 %environ 4 353 €
Abattement prélèvements sociaux (7 x 1,65 % = 11,55 %)- 4 562 €
Base des prélèvements sociaux34 938 €

Il reste à multiplier la dernière ligne par le taux de prélèvements sociaux de l'année. La surtaxe ne s'applique pas : la plus-value imposable est inférieure à 50 000 €. Pour estimer le prix de vente à retenir, notre page sur l'estimation d'une maison détaille les méthodes.

Déclaration et paiement : le rôle du notaire

Le notaire établit la déclaration de plus-value au moment de la vente, calcule l'impôt et le prélève sur le prix, avant de verser le solde au vendeur. Le vendeur reporte ensuite la plus-value dans sa déclaration de revenus de l'année suivante.

  • Rassembler l'acte d'achat, les factures de travaux et le détail des frais d'acquisition avant la vente.
  • Signaler au notaire si le bien a été la résidence principale, même un temps, ou s'il a été loué.
  • Prévoir la ligne d'impôt dans le plan de financement d'un achat suivant : le prix net perçu est inférieur au prix de vente.
  • Pour la suite de la vente et ses coûts, voir notre guide pour vendre sa maison et celui des frais de notaire.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Oublier que la résidence secondaire est imposée, même si elle a été payée avec un héritage ou une donation (le prix retenu peut être alors la valeur déclarée à ce moment-là).
  • Compter l'entretien courant comme des travaux : seuls ceux qui améliorent ou agrandissent comptent.
  • Perdre les factures et être renvoyé au forfait de 15 %.
  • Confondre les deux barèmes d'abattement : l'exonération totale d'impôt (22 ans) n'efface pas les prélèvements sociaux (30 ans).

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une plus-value immobilière ?

C'est le gain réalisé à la vente d'un bien immobilier : le prix de vente, diminué du prix d'achat corrigé des frais d'acquisition et des travaux. Elle est imposée sauf cas d'exonération, dont la résidence principale.

La vente de la résidence principale est-elle taxée ?

Non. La plus-value sur la résidence principale est exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux, sans condition de durée, si le logement était la résidence habituelle du vendeur au moment de la vente.

Au bout de combien d'années ne paie-t-on plus rien ?

Après 22 ans de détention, la plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu. Après 30 ans, elle l'est aussi des prélèvements sociaux, donc plus aucune taxation de la plus-value.

Quel est le taux de l'impôt sur la plus-value immobilière ?

L'impôt sur le revenu est de 19 % de la plus-value imposable. Les prélèvements sociaux s'y ajoutent à un taux qui évolue : celui de l'année de la vente figure sur impots.gouv.fr.

Qui paie l'impôt sur la plus-value lors de la vente ?

Il est calculé par le notaire et prélevé sur le prix de vente le jour de l'acte. Le vendeur reçoit donc le prix net de cet impôt.

Quand la surtaxe s'applique-t-elle ?

Quand la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €. Elle est progressive, de 2 % à 6 %, d'après un barème légal à vérifier au moment de la vente.

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